29 septembre 2006

Le pays de la gagne, le pays de la win

Vous le savez peut-être déjà, j'avais consacré ces trois derniers jours au sport "intensif". L'idée était d'optenir, avec un échec l'an passé, l'examen probatoire d'accompagnateur moyenne montagne. Je ne vais pas refaire un topo de toute la formation qui s'en suit, mais en gros, c'est un examen sportif, relativement soutenu.

Alors me voilà rendu mercredi dernier sur les pentes du Mont Aigoual. N°107 avec un départ à 8h45, nous avions 6h pour effectuer le parcours de 31 km et ses 1550m de dénivellé (positif). Une bagatelle vous allez me dire. Sauf que comme ce n'est pas l'fun sans rien, on vous oblige à porter un sac de 10 km (sans les vivres) sur le dos. Les choses se compliquent alors pour les moins entraînés. Mais pour ma part, après 8 jours de rando dans les North York Moors en Angleterre, 6 jours de rando en Laponie Finlandaise, 10 jours de rando dans le Queyras, et 7 jours de rando en Lozère, je me sentais on ne peut plus préparé pour cette épreuve.


A 8h45 pétante donc, les 20 concurrents de mon groupe sont sur la ligne de départ. Top, c'est parti. Il faut marcher vite, même très vite, pour être arriver dans les temps. Alors on se trouve un petit groupe de gens qui marchent au même rythme : manque de bol, il font tous 1m90 avec des jambes de géant, j'ai du mal à suivre, mais je cours pour les rattraper tous les 500m !
La première partie est très tranquille : marche dans les forêts de hêtre et de résineux divers et variés. Comme il a beaucoup plu ces derniers jours, le chemin est de temps à autres innondé, mais on n'est pas là pour garder les pieds au sec...
Peu à peu la forêt laisse place à la lande à genêt, ça y'est c'est la descente sur Valleraugue qui commence, 1h non stop sur le versant sud des Cévennes. De magnifiques panorama s'offrent à vous et on vous demande de ne pas en profiter ? On ne va pas se gêner, quelques photos pour le blog, après tout, l'idée c'est de partager.
Il faut se mettre à courir alors, c'est le moment de gagner du temps, mais la pente est forte, et le terrain pas très stable. Concentration extrême pour ne pas chuter. On croise les premiers concurrents qui abandonnent : cheville foulée, plus de souffle, mal de coeur, tout y passe.
Arrivé à Valleraugue, au fond de la vallée, surtout ne pas s'arrêter manger pour ne pas couper le souffle, on enchaîne alors tout de suite avec les 4000 marches, 1h45 de montée (pour ma part), pas de repos possible (pas conseillé en tout cas). Encore une fois, les paysages permettent de garder le moral haut, d'autant plus que le soleil est de la partie. En montant, on quitte les châtaigneraies cévennoles pour gagner un no man's land fait de schiste et de bruyère, puis on retrouve les hêtraies avec des arbres gigantesques. Quelques ruisseaux bien remplis premettent de garder la gourde pleine.
Au bout de 5h25 de marche et de course, l'arrivée se présente. Mais l'avantage avec le probatoire c'est qu'"Arrivée" ne rime pas forcément avec "Fin". Et oui, 2 petites minutes pour se reposer et me voilà reparti vers le parcours en terrain varié : en gros une succession d'ateliers (pentes herbeuses, pierriers, descente, montée, etc), notés et donc éliminatoire en dessous de 9. Faut s'imaginer qu'après 5/6h de rando, complètement crevé, on vous note sur un parcours d'environ 30 min, et que vous pouvez être éliminé le soir même. Amusant. C'est arrivé pour 2 d'entre nous. pas de bol.
Résultats de la journée, encore 74 inscrits (sur 96) pour la journée du lendemain.





Voici la belle ligne de crête appellée : les 4000 marches. Un sentier tracé à même la roche (schiste) qui mène de Valleraugue (358m) au Mont Aigoual (1565m)


Jeudi : deuxième jour.
J'ai toujours la gagne, d'autant plus qu'aujourd'hui c'est l'épreuve de course d'orientation et c'est plutôt mon dada.
Pour certains, il se rappelleront l'EPS au collège Jean-Phillipe Rameau avec madame Forêt ou monsieur Gillet, quand on partait faire de la course d'orientation à la combe à la serpent. Et bien c'est pareil, sauf qu'au lieu de chercher des inscriptions plus ou moins effacées sur des arbres (qu'à force on connaissait par coeur), on cherche ici des balises.
Ce cube orange et blanc en toile à été positionné sur des endroits ultra précis répertoriés sur une carte. Pour mettre du piment, on vous demande d'en trouver 1 mais il faut savoir que 3 autres se trouvent à proximité. Lequel est le bon ?
Avec un doigt électronique on a 5 balises à trouver en 3 heures, mais LES 5 bonnes balises, alors que 20 se trouvent sur le terrain !
Avec un parcours de 8 à 10 km au milieu des forêts, des tourbières, des rivières, des landes, et des chasseurs... la course d'orientation est l'épreuve la plus excitante. On peut marcher, mais vaut mieux courir. Pas de sac aujourd'hui, pas de grosses chaussures de rando, par contre un excellent sens de l'orientation est le bienvenu.
Après lecture de la carte et un passage en mode "Indiana Jones" ou même "Commando" pour certain, il faut être rapide et efficace.
Pas de photo, les portables sont interdits, au même titre que les GPS !
Et bien j'ai terminé en 1h55, meilleur temps derrière un gars qui fait de la CO (Course d'Orientation) en club. Et évidemment toutes les balises bonnes. Fier de moi, et donc qualifié pour l'oral du lendemain, j'attends un peu pour voir les arrivants.
C'est pas si simple cette course. On peut se tromper d'une balise : éliminé. On peut arriver en 3h05 : éliminé. On peut parler à un autre candidat : éliminé. Mais on peut aussi se perdre...
L'un des participants s'est retrouvé dans la Dourbie et a été emporté sur 800m, on l'a retrouvé en fin d'après-midi, trempé, sur un route qui n'avait rien à voir avec le terrain proposé !
Pas de bol.
Résultats : 40 éliminés, il ne reste que 34 personnes, toutes les chances de notre côté donc.

Vendredi : troisième jour. L'oral.
J'ai toujours la win, bien que ce soit l'épreuve à laquelle j'ai échoué l'an dernier.
20 min pour exposer son projet, ses connaissances et être interrogé sur ses randonnées, devant un jury composé de deux personnes : un professionnel de la DDJS et un accompagnateur.
Cela se passait à la maison des Cévennes, il faisait beau, et comme ce n'est pas vraiment un centre d'examen officiel, les jurys étaient éparpillés un peu partout. pour ma part, j'ai passé mon entretien en terrasse, au soleil. D'autres étaient à l'ombre, certains dans le barbecue, d'autres encore vers les balançoires. Bref c'était pas vraiment le stress.

Tout s'est formidablement bien passé. Après mes 20 min top chrono et un petite heure d'attente : Tout le monde à été pris !

Pas de déception aujourd'hui donc, et la joie de ne pas avoir à recommencer toutes ces épreuves l'an prochain.
Maintenant les choses se gâtent, j'ai 3 ans pour commencer la formation et 3 ans pour la finir. On en reparle plus tard alors.

Pour finir en image, voici quelques paysages qui m'ont accompagné le matin en arrivant sur le mont Aigoual : oh que c'est beau !

Aucun commentaire: