16 septembre 2006

Les nuits lozériennes : survival forever

J'ai testé pour vous : le survival mental à la lozérienne !
Qu'est-ce que c'est, vous allez me dire ?
Et bien c'est simplement avoir l'impression d'être plongé dans un film d'horreur quand on rentre chez soi.
Explications :
De retour du cinéma, où La jeune fille de l'eau m'avait déjà envoyé dans un imaginaire fantastique à en déborder mes méninges, je me suis retrouvé confronté à ce que tous les personnages perdus au milieu d'une route la nuit peuvent inventer.
Il faut se mettre dans la situation : voilà 4 jours que la pluie bat son plein dans la région, des mètres-cubes d'eau à faire pâlir les centrales hydrauliques canadiennes ; aves la pluie, l'humidité est revenue en force ainsi que son grand ami le brouillard, la forêt tropicale à côté vous laisse un sourire en coin.
La route entre Mende (capitale de la lozère) et Les Combettes se résume à une succession de virages qui grimpent de plus en plus dans la montagne. Arrivé à 900m d'altitude, le brouillard envahit votre vue, les grands phares ne servent plus à rien, les codes sont impuissants, il ne reste donc plus que deux lampes blanches qui forment un halo de lumière autour de l'habitacle. La route devient de plus en plus mauvaise, les trous laissent apparaître rapidement de gigantesques flaques d'eau et, chose que je n'avais jamais vu encore, les phares qui se reflètent dans celles-ci, envoient un disque de lumière vers les forêts qui bordent la route. Un peu comme quand on envoyait le soleil sur sa montre pour éblouir la prof d'allemand... Mais là c'est autre chose, les arbres deviennent opressants sur ces routes secondaires, et un simple disque de lumière dans les pins vous fait forcément réagir : yeux, ovni, éclairs, lampe torche, tout y passe. Même une fois le phénomène compris et assimilé, la peur gagne du terrain.
Puis la route diminue encore de taille, les lignes blanches disparaissent, vous êtes maintenant livrés à vous même, quasiment rien ne distingue la macadam des bas côtés sans fossés. Il faut croiser les doigts et inventer la route à chaque seconde.
Tout à coup, une forme étrange, blanche, se dresse vers le ciel... Ouf, avec rapidité la mémoire me revient, ce ne sont que les menhirs, gardiens du plateau des bondons qui m'indiquent la bonne route.
Puis celle-ci redescend mais le brouillard est toujours intense ; la buée a même fait son apparition. Pas de chiffon, il faut essuyer avec la main, et de l'autre tenir le volant car les courbes se dessinent sur la route au fur et à mesure que l'on se rapproche de la maison. Les arbres se rapprochent de la voiture, ils forment un toit sur mon chemin à présent, les grosses gouttes tombent sur le pare-brise comme la grêle en été. La musique d'ambiance n'arrange rien à l'angoisse de se retrouver nez à nez avec le loup du Gévaudan où je ne sais quelle bête étrange et féroce : Le paco congelado d'Alberto Iglesias, sur la bande originale de Volver, à été extrêmement bien choisi par le superviseur de la musique (...).
(pour plus d'interactivité, cliquer sur le lien de paco congelado afin d'avoir accès à la musique)
Les pluies torrentielles ont apporté la terre et les pierres des pentes avoisinantes, ce n'est plus sur du bitume que je roule, mais sur un chemin ! Tenue de route zéro, j'entends dehors le ruisseau qui déborde. Toujours les mêmes disques de lumière volent sur les pins qui deviennent tour à tour frênes, hêtres, noisetiers, bouleaux, épicéas, sorbiers... La route qui ne laisse à présent plus de place à quelqu'autre véhicule que ma petite auto devient étrange : nids de poule, sables, brouillard, pluie, le noir est partout autour de moi.
AAAAHHH, soudain une forme étrange m'attend au détour d'un virage, un gros chien (pluton ?), un loup, un ours ??!!
ouffff ce n'est qu'une souche qui sortait de la pénombre...
Encore 500 mètres, dernière épingle à cheveux, la voiture fait un bruit bizarre. Non, ce n'est pas le moment de tomber en panne, aller, aller... c'est reparti, forcément prendre les épingles en 4ème n'a jamais été son fort.
C'est bon je vois les lumières des Combettes qui s'annoncent. La maison est proche, la hameau sans vie m'accueille dans un brouillard à faire baver Carpenter.

C'est fini, je suis au chaud, vivement dimanche soir, je retourne au cinéma !!



Bon après je ne vous oblige pas à venir de nuit non plus...

3 commentaires:

Benj a dit…

J'aurais bien aimé être là !

ps : tu devrais te relire...

Guillaume a dit…

Oui, oui, et re-oui je ne me suis pas relu. Toutes mes excuses aux correcteurs. Les fautes réparées, vous pouvez vous y replonger sans grincer des dents.

Benj a dit…
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